Entretien avec Philippe Estrade – Château Lalis

En Corbières, au cœur du Languedoc pyrénéen, se dresse, entre la Montagne d’Alaric et la rivière Orbieu le domaine du Château Lalis.

Fondé en 1902, le domaine Lalis , sur 45ha, produit des vins artisanaux, de grande qualité, racés, fins, élégants et raffinés.

C’est Philippe Estrade, œnologue du domaine depuis 1995 et responsable depuis 2002 qui est à l’origine de la modernisation du Château Lalis. Il décide alors de coupler son savoir-faire et sa sensibilité à un équipement adapté qui permet au domaine de mieux révéler encore son originalité.

Les blancs sont savoureux, les rosés sont fruités et généreux, les rouges puissants et évolutifs. De grands crus ! Raison de plus pour lui céder la parole :

Le domaine en une phrase :

Une phrase ? C’est trop difficile ! Une maxime ? De notre mieux !

Comment avez-vous choisi ce métier ?

Par vocation, fils de vigneron, je me destinais à l’enseignement; Pendant mes études supérieures, ma vocation de vigneron s’est imposée à moi.

Comment avez-vous appris votre profession ?

A la fac pour la théorie, dans les vignes familiales pour les sensations.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

C’est un métier qu’on rêve et que l’on ne peut exercer qu’en rêvant car il y a des moments très durs…

Qu’est-ce que votre métier vous a apporté ?

La constance de caractère et des rencontres improbables.

Quelles qualités faut-il avoir pour être viticulteur / oenologue/ vigneron ?

De l’imagination pour créer et de l’obstination pour réaliser !

Quel est votre meilleur souvenir de viticulteur/ oenologue/ Vigneron ?

Et votre pire souvenir ?
La première belle commande d’un caviste professionnel !

Et mon pire le lundi de Pâques 2011 jour de la grêle qui a détruit l’ensemble de la récolte des «Petits Moulins» …

Si vous deviez changer de métier, que feriez-vous ?

Homme politique, curé, maître-nageur, CRS, chauffeur routier, gardien de prison, coiffeur … tout me plait pourvu que ça soit bien fait !

Il y a une représentation très cliché du vigneron, façon image d’Epinal (c’est un homme joyeux et souriant qui ne travaille qu’une fois par an : Il fait sa récolte en dansant au son de la flûte de Pan, pendant que de jolies vendangeuses retroussent leurs jupes pour fouler le raisin.) Alors… rien n’est vrai ?

C’est ce que nous rêvons de vivre et c’est parce que l’on rêve que nous sommes de besogneux et taciturnes personnages …

Votre premier verre de vin ?

A mon baptême, je ne m’en souviens évidemment pas!

Le meilleur moment de la journée pour boire un verre de vin, selon vous ?

A l’apéritif du repas du soir c’est une véritable récompense !

Quelle est la bouteille la plus précieuse dans votre cave ?

Un Pommard de 1974 que ma femme souhaite que je boive à sa mort ! De toute façon, il sera bouchonné … «Les histoires d’amour finissent mal en général .»

Quel vin emporteriez-vous sur une île déserte ?

Le mien c’est sûr, parce qu’un vigneron est vraiment chez lui partout avec son vin.

Avez-vous transmis la passion du vin à vos enfants ?

En tout cas, mes filles ont compris la valeur qu’a mon métier à mes yeux et la fierté et l’indépendance d’idées que cela nous apporte.

A quelle personne célèbre aimeriez-vous faire goûter votre vin ?

Certainement à Philippe Noiret. Il avait un charisme personnel que j’envie encore et il habitait à Carcassonne. De son vivant, je n’ai pas osé le déranger mais j’aurais aimé qu’il aime mon vin.